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mardi, 26 juin 2012

La France se réveille

Déclaration du Directeur Général Adjoint du Figaro

 Il serait grand temps que nous nous apercevions  enfin qu'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l' échelle planétaire.
 Les Islamistes massacrent les chrétiens en Égypte, en Irak, aux Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigeria, un peu partout. Malraux 
avait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ». On a bien l'impression que ce siècle qui commence va  voir le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation 
chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s'attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les  islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu'ils appellent le « néo- colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l'Homme, le progrès tel que nous le concevons.Le XXème siècle a  été marqué par l'affrontement Est-Ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se  sont effondrés d'eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt  été remplacés par Allah et son Prophète. Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l'Islam celle du  drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques. Le XXIème siècle sera une guerre 
sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement  plus dangereuses que ne l'ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie. Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles  habituelles, les coptes massacrés à Alexandrie et les chrétiens assassinés à Bagdad. Mais nous restons les bras  ballants. Il faut bien dire qu'on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n'est plus guère le temps des croisades et  nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam Hussein  qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on  puisse dire.Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes.Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés.Hier, un imbécile de service nous a  longuement expliqué à la télévision que si les islamistes égyptiens massacraient les coptes c' était parce que ces  chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l'Occident », les ambassadeurs de la culture européenne »,  les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l'époque coloniale. Autant dire, à l'en croire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d'un passé détesté. L'imbécile était, en plus, un inculte.Les coptes sont les descendants du peuple des  pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S'ils sont plus nombreux au sud, entre Assiout et Assouan, c'est précisément parce qu' ils ont fui les cavaliers  conquérants venus d'Arabie. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.On peut  d'ailleurs dire exactement la même chose de tous les chrétiens d'Orient qu'ils soient catholiques (de rite d'Antioche, de rite syriaque comme les maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d'Alexandrie) ou « non  chalcédoniens » comme les coptes, ou orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à  Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l'araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l'Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité. Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l'étaient avant nous. Nous  ne pouvons rien faire pour les protéger ; mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins. Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d'accueillir tous ceux qui  sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays. Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à  parler de «l'amitié islamo-chrétienne», d'un «Islam à l'occidentale», de «la cohabitation harmonieuse des trois 
monothéismes». Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité, mais ne nous laissons entraîner ni vers la  stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être «positive», comme le souhaitent certains), car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques. Aujourd'hui, la grande mode est d'évoquer, d'invoquer à tout bout de champ, "les années les plus sombres de notre histoire". C'est souvent absurde et parfois odieux. Mais s'il y a une  leçon qu'il ne faut jamais oublier c'est bien celle de Munich. Churchill avait dit : « Ils ont préféré le déshonneur à  la guerre et ils auront les deux ».
 Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre. 
Thierry Desjardin

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