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vendredi, 10 août 2012

France : 30% des jeunes de 17 ans ne savent pas lire correctement

Réformes, ministère prioritaire, nombre exponentiel de fonctionnaires. Rien n'y fait, l'échec est patent pour la pseudo éducation dite nationale et le restera tant que le fond ne sera pas remis en cause :

"Chaque année, lors de la Journée Défense et Citoyenneté (ex JAPD), des tests de lecture sont effectués parmi les appelés afin de tester le niveau national. Le cru 2011, d’après un document officiel de l’Éducation nationale, indique que 30% de ceux qui l’ont passé sont illettrés ; sachant que ces jeunes ont 17 ans et qu’ils ont passé 12 ans dans le système éducatif français, qui engloutit chaque année 17% du budget de l’État. Belle performance !

Pourtant, les auteurs du rapport se congratulent de satisfécits mutuels, à tel point que l’on pourrait passer à côté de cet échec cuisant, et croire à une belle victoire de l’équipe olympique française de lecture. Le rapport annonce en effet 80,3% de lecteurs efficaces, ce qui fait tout de même 19,7% de lecteurs inefficaces, car il ne faut pas dire illettrés. Mais parmi ces 80%, 10,3% sont des profils 5c, c’est-à-dire « une population de lecteurs qui, malgré des déficits importants des processus automatisés impliqués dans l’identification des mots, réussit les traitements complexes de l’écrit, et cela en s’appuyant sur une compétence lexicale avérée. Leur lecture est fonctionnelle grâce à une stratégie de compensation fructueuse. Ils ont su adapter leur vitesse de lecture, relire et maintenir un effort particulier d’attention en dépit de leur mauvaise automatisation des mécanismes de base de la lecture. »

Voilà une présentation plutôt bienveillante pour signifier que ces profils ne savent pas lire correctement mais qu’ils arrivent à corriger leurs lacunes grâce à une compréhension globale du texte. Le texte qui était lu étant soit un article de magazine télé, soit un texte basique. On n’ose imaginer les résultats avec des textes littéraires, voire même des articles de journaux (...)

Les auteurs ont beaux essayé de cacher l’échec derrière un optimisme de façade, ils sont quand même obligés de dire que les 5c lisent deux fois moins vite que les 5d pour déchiffrer une paire de mots. Imaginons les résultats avec une phrase de littérature. Quant à leur devenir, leur manque de pratique va provoquer une érosion de la compétence (qui n’est déjà pas bien grande) et donc « une perte d’efficacité importante. » Donc ces semi-illettrés à l’adolescence seront des illettrés complets à l’âge adulte. Il n’y a donc que 69,7% de lecteurs complets, et 30,3% d’illettrés en France. Ce taux nous fait revenir au milieu du XIXe siècle.

Une langue de bois soviétique

La culture soviétique qui emplit ce rapport est consternante. On cherche vainement à dissimuler l’échec derrière des euphémismes et des litotes qui ne prennent pas : le mot « illettré » n’apparaît jamais dans le rapport, et on ne parle pas « d’illettrisme » mais de « situation d’illettrisme », terme auquel les rédacteurs sont bien obligés de recourir une fois. On évoque sinon « des jeunes aux acquis limités » et « des jeunes en difficulté de lecture ». Pour ceux qui liraient le rapport sans savoir lire les sous-entendus, cela pourrait peut-être passer (...)

Si 30% des jeunes de France ne savent pas lire à 17 ans, il ne faut pas croire que les 70% autres sont des génies. Quel est leur capacité à disserter, à analyser un document, à produire un rapport écrit, à avoir une ouverture sur les cultures du monde, quand ils ne sont pas capables de lire un manuel destiné aux Terminales de 1963 ?" (article complet).

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