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jeudi, 18 octobre 2012

Du gros rouge qui tâche

Lu dans les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE du 09 Août 2012

Cet individu, gauchiste notoire, était maire de Lutterbach (Mulhouse) 68 pendant 24 ans sans aucune enquête préalable sur son passé des RG et des services préfectoraux.

Il était passible des peines applicables aux crimes et délits : Art.76-78-81-83-85-103-104 et 105 du Code Pénal

« il ne suffit pas d’être Elu pour être respectable ! » (Nicolas Sarkozy à TF1, j’ai une question à vous poser Lundi 05 Février 2007)

JP. BITTANTE

Un moudjahidin nommé Roger

Roger Winterhalter, lors de la présentation de son livre à l'auberge de jeunesse de Mulhouse.

L'ancien maire de Lutterbach Roger Winterhalter fait son coming out sur la guerre d'Algérie. Appelé dans l'armée française en 1960 dans la région de Constantine, il a épousé la cause indépendantiste et est devenu moudjahidin pour le FLN. Il le raconte dans un livre.

Sa confession risque de faire grincer des dents parmi les associations d'anciens combattants d'Afrique du Nord, mais Roger Winterhalter n'en a cure. S'il s'est engagé contre son propre camp, « celui d'une armée française autoritaire et indifférente », c'était pour ne pas trahir un idéal de fraternité né là-bas. L'ancien maire de Lutterbach, fondateur de la Maison de la citoyenneté mondiale à Mulhouse, du Magasin pour rien, et grand agitateur d'idées alternatives, raconte son expérience atypique dans un livre souvenir paru aux éditions Le Manuscrit, Si c'était à refaire... Une fraternité plus forte que la guerre d'Algérie.

Seconde naissance

Pour cet enfant de Lutterbach né en 1938, l'Algérie a été une seconde naissance.

« C'était il y a 50 ans mais ça m'a marqué des pieds à la tête. Avant, je n'étais pas militant, j'étais un footballeur et un danseur du samedi soir. Je suis devenu un militant par la guerre d'Algérie. J'avais 22 ans, j'y ai passé 27 mois de 1960 à 1962. »

Mais qu'est-ce qui a poussé un jeune appelé français à trahir son pays ? L'écoeurement et la révolte, d'abord. « Sur les bords des plages, il y avait des palissades où il était écrit "Interdit aux chiens et aux Arabes", raconte-t-il. Je me rappelle aussi avoir vu un homme qui avait été torturé ; ses enfants sont venus le voir et nous savions qu'ensuite il serait fusillé ».

Le massacre par l'armée française d'une cinquantaine de personnes « descendues des montagnes » le ramène au souvenir de son père.

« Sous le régime nazi, il n'a jamais dit Heil Hitler, alors qu'à Lutterbach, dans notre rue, les mêmes qui ont sorti le drapeau français à la Libération avaient mis le drapeau nazi à leur fenêtre. Il m'a enseigné qu'on peut dire non à quelque chose. »

Alors Roger Winterhalter dit non. Au sein de son unité, au service des effectifs, chargé de ventiler les recrues dans les différents régiments, le soldat de 1re classe parle avec un camarade « Français de souche nord africaine », un FSNA comme on dit alors. « Comment peux-tu rester dans cette armée ? », lui demande-t-il.

Mahfoud lui donne rendez-vous le soir à l'infirmerie.

« C'était une cellule FLN infiltrée dans l'armée française. Ils m'ont dit : "Voilà qui on est et ce qu'on fait. Es-tu prêt à t'associer avec nous ?" J'ai dit oui, ça m'a vraiment libéré. »

Son rôle est alors d'infiltrer des gens dans l'armée française. « Le FLN me donnait trois-quatre noms et je falsifiais les papiers pour les faire envoyer là où ils voulaient qu'ils aillent. On volait également des uniformes, des munitions, et on a organisé la désertion de 17 personnes. »

Reçu par le président Bouteflika

À l'indépendance en mars 1962, Roger Winterhalter revient en Alsace et adhère au PSU. C'est le début d'une autre vie qui le conduira à être maire de Lutterbach de 1977 à 2001, sans que ses administrés ne sachent que leur premier magistrat a été « un moudjahidin ». Il est depuis resté en contact avec ses compagnons du FLN et est retourné une dizaine de fois en Algérie depuis 1967. Il y a été reçu par le président Bouteflika.

Dans la seconde partie de son ouvrage, l'ancien appelé passé au FLN retranscrit ses conversations avec Mahfoud, Kemal, Mohammed, Ahmed, leurs convergences, leurs divergences. « Moi qui suis fils unique, mes frères ce sont eux », dit-il cinquante ans après. « Notre objectif, c'était que les gens qui nous entouraient, qu'on appelait les "bougnoules" , retrouvent leur dignité. Je ne regrette pas, c'était mon histoire et elle a fait de moi un militant. »

G.G. « Si c'était à refaire... Une fraternité plus forte que la guerre d'Algérie », par Roger Winterhalter, éditions Le Manuscrit, 13,90 EUR

« Si c'était à refaire... Une fraternité plus forte que la guerre d'Algérie », par Roger Winterhalter, éditions Le Manuscrit, 13,90 EUR

© Dna, Jeudi le 09 Aout 2012 - Tous droits de reproduction réservés

20:40 Écrit par fnpuydedome dans DÉCLIN ET DÉCADENCE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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