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lundi, 08 avril 2013

Communiqué de Leif Blanc, délégué national à la ruralité, l’agriculture et l’environnement

 

Restauration : la fin d’un tabou !

Leif Blanc tient à saluer l’initiative du Collège culinaire de France visant à distinguer les « artisans restaurateurs ». Le constat de ces grands chefs français emmenés par Alain Ducasse et Joël Robuchon est d’une triste simplicité : « sur les 150 000 restaurants français, les trois quarts ne font que de l’industriel ». Il convient donc de distinguer, des plus modestes auberges aux plus prestigieuses tables, ceux qui persistent à jouer le jeu de la qualité, des produits frais et de la traçabilité face à un système établie de longue date afin de les pousser dans le giron d’une poignée de groupe et de distributeurs de l’agroalimentaire.

Cette initiative pleine de bon sens met le législateur face à ses responsabilités : combien de normes et de mesures votées ces dernières années à la seule charge financière des restaurateurs, mais au seul bénéfice d’une poignée de grands groupes de l’agroalimentaire ? Une honte quand on sait, à la lumière des récents scandales alimentaires, de quelle manière ces mêmes groupes se sont fourvoyés.

Deux mois durant, tout ce qui est censé parler, écrire ou légiférer dans ce pays a brandi le mot « traçabilité » sans remarquer une seule fois à quel point l’opacité dénoncée dans les rayons surgelés et conserves des supermarchés gangrène également les cuisines de nos restaurants. Un exemple flagrant de cet aveuglement généralisé : qui s’est ému de la mention « bœuf origine UE », pourtant illégale, que l’on voit s’épanouir depuis des années sur les ardoises de milliers restaurants ? qui s’est interrogé sur les tonnages de lasagnes chevalines écoulés via ces mêmes ardoises ? qui a relayé les rares critiques dénonçant la main mise des industriels sur les lycées hôteliers, maillon essentiel puisque censé assurer la formation de ceux qui, demain, voudraient reprendre des fourneaux et non des batteries de fours micro-ondes ?

Notre restauration n’est pas une bête machine à envoyer les plats et à enrichir toujours plus  les actionnaires de l’agroalimentaire : c’est une part de notre patrimoine qui, comme telle, devrait rester l’étendard des productions agricoles françaises et la source d’une tradition gastronomique sans cesse renouvelée. A quoi bon faire classer la gastronomie française à l’UNESCO si seule une poignée de restaurateurs et de producteurs sont encore aptes à la servir ? à quoi bon organiser des semaines du goût, à grand renfort de communication subventionnée, si notre gastronomie n’est plus accessible qu’aux seuls fortunés ? qui, une fois passé la porte d’un restaurant, a envie de déguster un bœuf bourguignon à base de viande tchèque ? un cassoulet de porc allemand ? une poularde à la normande brésilienne ? des foies gras roumains ? une île flottante aux œufs en poudre ukrainiens ?

Les éleveurs français sont au plus mal, nos terroirs sont menacés par l’appétit sans limite des géants de l’agroalimentaire et la restauration connaît également des difficultés croissantes : plutôt que de le déplorer de crise en crise, ne serait-il pas temps de revoir d’urgence les fondamentaux d’un système qui marche sur la tête et massacre depuis trop longtemps la valeur ajoutée, les savoir faire et les emplois qui vont avec ?

 

 

18:23 Écrit par fnpuydedome dans COMMUNIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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