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vendredi, 05 juillet 2013

La fondation pour l'enfance a besoin d'une bonne claque.

La Fondation pour l’enfance lance une nouvelle campagne de prévention des violences éducatives ordinaires : dans un petit film visant à la « sensibilisation du grand public », une mère de famille dans sa cuisine. Elle est au téléphone, stressée. À table, à côté, son fils fait l’andouille avec sa petite voiture au lieu de dîner. La mère lui répète cent fois d’arrêter. Elle est excédée, une claque part. « Une petite claque pour elle, mais une grosse claque pour lui. » C’est la phrase choc qui clôt le spot, sur fond de morceau de piano pathétique.

La Fondation pour l’enfance nous le dit, nous le répète : « Il n’y a pas de petite claque. » Bref, il ne faut jamais porter la main sur votre enfant. Même si celui- ci, du haut de ses trois ans et demi, lâche votre main et traverse la nationale en courant ? Même dans ce cas. Il suffira de le prendre entre quat’z'yeux pour débriefer avec lui : « Tu sais, mon chéri, que les voitures vont très vite ? », et cette seule mise au point sera pour lui une leçon mémorable qui le dissuadera à jamais de recommencer. Et si ce n’était pas le cas, vous pourrez toujours vous retourner contre la Fondation pour l’enfance.

Mais il n’y a pas de raison de s’arrêter en si bon chemin. Car les violences éducatives ordinaires peuvent être aussi d’un autre ordre. Je veux parler des claques psychologiques, bien pires parfois que les autres. Ambiance Poil de carotte et Vipère au poing. Imaginons un autre spot. Un enfant qui revient avec un zéro. Les remarques acerbes fusent, dévalorisantes : « Tu crois que c’est comme ça que tu vas passer en troisième ? » Discriminantes : « Il a eu combien, ton voisin ? » Sonate au piano pathétique. Il n’y a pas de « petite » humiliation. Bref, il ne faut jamais faire de remarque désagréable à votre enfant. Même s’il n’en fiche pas une rame ? Même dans ce cas. C’est bien pour cela que l’on travaille à supprimer les notes.

Nous autres parents sommes des êtres atrabilaires, instables, impulsifs qui voulons moins que les autres le bien de nos enfants. Il faut nous tenir à l’œil. Nous rééduquer.

Mais si aucune différence n’est faite entre une petite claque sur un postérieur amortie par une couche-culotte et un tabassage en règle, entre une mère qui gronde pour une mauvaise note et une Folcoche psychopathe, c’est toute l’éducation familiale qui sera bientôt assimilée à de la persécution. Le mieux sera donc de ne plus communiquer, et de leur passer le dîner, sans un mot, sous la porte : on évitera ainsi les bourdes. L’Éducation nationale, qui est formée pour ça, se chargera de faire le reste. On voit d’ailleurs comme elle excelle dans ce domaine. On tient le bon bout, mes amis, je sens qu’on tient le bon bout.

J’aurais bien une autre idée de spot à donner à la Fondation pour l’enfance. Pour dénoncer une autre forme de violence, inédite celle-là. On y verrait une petite fille dans un orphelinat, que viendraient chercher deux grands gars moustachus. De ses yeux pleins de larmes, elle observerait les autres enfants, que des mamans serreraient contre leur cœur : « Pourquoi pas moi ? » Sonate de piano pathétique.Mais non, apparemment, cette spoliation arbitraire, la frustration qu’elle engendre laissent la Fondation pour l’enfance parfaitement froide, puisqu’elle est restée mutique sur le sujet. Pas plus, semble-t-il, que ne l’émeut la « Ligne Azur » mise en place par Peillon en janvier dernier, initiant, par un de ses liens, les élèves aux pratiques sado-maso… qui doivent bien comporter quelques fessées, non ? Ah oui, mais celles-là sont « consenties », cela n’a vraiment rien à voir…

Gabrielle Cluzel

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