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mardi, 08 octobre 2013

Rap, antifas, Davos ou l'anti-France coalisée.

« Il court, Félix Marquardt. Il faut le voir évoluer au Forum économique de Davos, son pèlerinage annuel. Il passe de cocktails en soirées, virevolte de puissants en puissants, sert des mains à la pelle. Quand il repère une nouvelle cible, un patron, un influent ou un politique qu’il ne connaît pas encore, il l’approche, tout sourire, dégaine sa carte de visite, rameute le photographe et les deux cameramen qu’il a embauchés pour l’occasion. Clic-clac, le serrage de main est immortalisé. Félix Marquardt possède un album photo impressionnant. Huit ans qu’il fréquente la grand-messe suisse : il a rencontré beaucoup de monde. Et s’il ne possède toujours pas le “badge blanc”, l’invitation officielle, réservée aux grands patrons et politiques, il sait que ça va venir. Cette année, il s’est débrouillé pour entrer “dans le radar” de Klaus Schwab, le maître des lieux, le fondateur du Forum. Un modèle pour Félix, un demi-Dieu. “Je veux devenir Klaus Schwab”, avait-il écrit sur son profil Linkedin avant de tout effacer, “parce que c’était un peu gamin”. »

Les Inrocks, février 2013

 

« Félix Marquardt n’est que le symptôme d’un système fondé sur le bluff et le culte des apparences. »

Marianne.net, 25 janvier 2013

 

« American chutzpah and French suave are both parts of Marquardt’s skill set, and he can switch with ease between cultures. [1] »

Vanity Fair, janvier 2013

 

 

« Une cuillère en platine sertie de diamants dans la bouche »

Félix Marquardt est né le 5 janvier 1975 à Paris.

Son père, Alexander Marquardt, de nationalité autrichienne et allemande, est né en 1945 à Bad Neuheim (Allemagne). Après des études à la Columbia University de New York (1970), il est entré comme collaborateur à New York chez Rogers & Wells. Il y fera carrière comme avocat associé en charge de la branche parisienne de 1976 à 1999, année où le cabinet fusionne avec un autre cabinet new-yorkais, Kramer, Levin, Naftalis & Frankel. Alexander Marquardt en prendra du coup la tête sur Paris. Il est également membre de la commission de l’arbitrage à la Chambre de commerce internationale (CCI). En 1986, il offrira à son épouse Diane Marquardt une galerie d’art contemporain qui donne à la fois sur la place des Vosges et sur la rue de Turenne.

Diane Marquardt est une américaine, née à New York en 1946. Issue d’une famille de juifs polonais et de Hongrois catholiques d’un côté et de Turcs musulmans et de Grecs orthodoxes de l’autre [2], elle est un soutien actif du parti démocrate américain en France [3]. Haut lieu de la « branchitude parisienne », la Galerie Nikki Diana Marquardt hébergera par exemple la soirée de la fondation Carla Bruni-Sarkozy en septembre 2011 [4].

C’est ainsi que Félix Marquardt a grandit rue Guynemer, « le QG mondial de la gauche caviar parisienne », dans une ambiance parfaitement anglophone. Il reconnait avoir grandi avec « une cuillère en platine sertie de diamants dans la bouche [5] ». Son frère, Maximilien, a fait sa scolarité à « Stan », le très prestigieux établissement privé du VIe arrondissement, avant d’intégrer HEC.

Félix Marquardt, qui se flatte d’être un « gosse de riche complexé [6] » fera des études chaotiques, pendant lesquelles il enchaînera les établissements de la jeunesse dorée parisienne : Bossuet, Stanislas, l’École alsacienne et Charlemagne, avant de partir étudier aux États-Unis. À l’université de Syracuse d’abord puis à Columbia, d’où il reviendra sans diplôme, mais transformé : 

« Avant mon départ, j’étais un petit gauchiste tendance Boukharine. Une fois sur place, j’ai lu les grands penseurs libéraux, Revel en tête […]. C’est également de cette période que date mon adhésion aux valeurs de l’atlantisme [7]. »

Sur ses études, Marquardt explique également :

« J’étais aux anges au milieu de boursiers black du Bronx. J’aurais tout donné pour être noir [8]. »

Un « bourge derrière les rappeurs »

De retour à Paris (1998), Marquardt se voit donc en « bourge derrière les rappeurs  », fréquente les locaux de Générations 88.2, pige pour la revue Radikal, monte un label Kohiba Productions, qui après avoir vaguement édité un vinyle, se diversifie dans le référencement de sites pornographiques sur l’Internet avec Kohiba Multimédia. L’aventure underground de Marquardt prendra fin en juillet 2000, quand les deux sociétés seront condamnées à de fortes amendes pour avoir créé une page Bertrand Delanoë sur le moteur de recherche GeoCities, page qui renvoyait vers trente-quatre sites pornographiques.

A-t-il été remis en selle par sa famille ? Quoi qu’il en soit, il sera ensuite le nègre et le responsable des relations publiques d’Agnès Touraine, alors chez Vivendi Universal, puis de Lindsay Owen-Jones à L’Oréal avant de devenir directeur de la communication de l’International Herald Tribune (2004-2006), se vantant au passage d’avoir trafiqué son CV pour avoir le poste. Il fera principalement du lobbying pour que les journalistes du titre soient invités sur les chaînes européennes. Sa carte du Herald Tribune lui permet de se rendre à Davos, à Aspen ou à la Clinton Global Initiative. Il comprend rapidement qu’il faut établir un lien entre les milieux d’affaire du forum mondial de Davos et les dîners parisiens.

Marquardt et les réseaux de pouvoir supranationaux

C’est ainsi qu’il fonde, avec son frère Maximilien, Marquardt & Marquardt (2007) qui organisera, avec Anne-Laure Kiechel, gérante chez Rothschild & Cie (actionnaire de Libération), les Dîners de l’Atlantique (2009). Parrainés un temps par Le Monde (via Éric Fottorino), ces diners très huppés (qui se déroulent dans toute l’Europe) rassemblent « le gotha de la finance, du monde des affaires et de la culture [10] ». Il « veut jouer un rôle de “facilitateur” aux services des entreprises et estime que la diplomatie n’est “plus le pré-carré des seuls diplomates” [11] ». Le premier dîner sera présidé par Éric Woerth (alors ministre du Budget).

Marquardt résume :

« Quand on enlève les rosettes, les X, les énarques, les francs-maçons et les ponts, il reste deux personnes dans la salle [12]. »

Marquart & Marquart assure la promotion de diverses personnalités en France, comme le président autocrate du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev ou celui de la Géorgie Mikheil Saakachvili. En avril 2012, Bill Gates fait appel à ses services pour organiser sa tournée de promotion en Europe. Il passera quelques heures au « cocktail dinatoire » organisé à… la galerie Nikki Diana Marquardt, en l’honneur de la Bill & Melinda Gates Fondation, en présence de Frédéric Mitterrand, Yann Arthus-Bertrand ou encore la princesse de Norvège.

En janvier 2013, Marquardt & Marquardt lance les Emerging Times Dinners (version tiers monde des Dîners de l’Atlantique) avec Christophe de Margerie, PDG de Total et Parag Khanna, ex-conseiller de Barack Obama.

L’ « advisory board » de Marquardt & Marquardt est composé de personnalités comme Philippe Cayla, patron d’Euronews, Clara Gaymard, vice-président de General Electric International, Jean-François Richard, vice-président pour l’Europe de la Banque mondiale, ou encore Jack Devine, un ancien directeur des opérations de la CIA (la direction des opérations, rebaptisé National Clandestine Service depuis 2005, est notamment responsable du recrutement, de la formation et du suivi des agents de renseignement en poste à l’étranger) :

 

 

En janvier 2010, Félix Marquardt sera remercié par l’ambassadeur des États-Unis, Charles Rivkin en personne, lors d’un discours au dîner du Cercle de l’Atlantique.

Un aperçu de l’édition de 2010 :

 

À Saint-Germain-des-Prés, rue de Nevers, avec vue sur le Pont-Neuf

Felix Marquardt a pour habitude de convier des journalistes aux dîners parisiens organisés chez lui à Saint-Germain-des-Prés. Libération (06 novembre 2012) raconte sa rencontre avec ce « narcisse déconcertant » :

« Après l’entrée où l’on croise Kouchner et celui qui nous est présenté comme “le futur Premier ministre malaisien”, on admire la déco et la vue qui plonge sur le Pont-Neuf. Un peintre japonais discute avec un rappeur en jogging, des journalistes américains échangent sur leur présidentielle, tous ne se connaissent pas, ils sont là pour ça. On l’a reconnu tout de suite, le fameux Félix : costume cintré, la barbe taillée de trois jours et des baskets jaune poussin, il papillonne dans l’assemblée. »

Le Monde (17 novembre) complète le tableau :

« Le communicant, tendance ultralibérale […] se photographie au milieu de ce beau monde : “Pour prouver que je fais les deux côtés de la politique : voici Claude Lanzmann, Philippe Douste-Blasy et la journaliste Sandra Freedman”, dit-il en montrant les clichés sur son téléphone. “Et là c’est le boxeur Jean-Marc Mormeck, Mamuka Kudava, l’ambassadeur de Géorgie, Bernard Kouchner et Christophe de Margerie.” Passé minuit, Marquardt […] se risque à passer du rap. […] Une journaliste raconte : “Felix est capable d’envoyer cinquante mails ou textos jusqu’à ce que tu viennes chez lui. Il t’invite parce qu’il te trouve sympa, sûrement, mais surtout pour ton étiquette.” »

Technikart (novembre 2012) de conclure :

« Ces grands raouts sont probablement la seule concurrence au dîner du Siècle à avoir émergé ces dernières années. »

« Barrez-vous ! », Mokless, les antifa…

Marquardt se fait connaître du grand public en septembre 2012 avec une tribune signée avec l’animateur de Canal+ Mouloud Achour et le rappeur Mokless. Intitulée « Barrez-vous ! », la tribune est en fait un appel du pied pour maintenir les banlieues française dans le giron américain, comme tant d’autres manipulations secrètes américaines, s’inscrivant dans une stratégie d’influence de grande ampleur, en direction des « minorités visibles » (cf. Faits et Documents n°308), stratégie connue depuis l’affaire Wikileaks et ce cable signé par Charles Rivkin, ambassadeur des États-Unis en France [13]. Parue dans Libération et abondamment relayée, le coup de com’ « Barrez-vous ! » permettra à Félix Marquardt et à son fidèle Mokless de faire la tournée des plateaux de télévision.

 

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Félix Marquardt, Mouloud Achour et Mokless
(de g. à d.)

 

Proche du milieu « antifa », Mokless sera la tête d’affiche d’un concert organisé par l’Action antifasciste Paris-banlieue :

 

 

Un élément de plus au faisceau de témoignages faisant état d’un lien hiérarchique entre Marquardt (et ceux qu’il représente) et la mouvance « antifa » restructurée en 2012 au sein de l’Action antifasciste Paris-Banlieue...

 

 

En complément à son engagement antifasciste, Mokless suivra Marquardt… au Forum économique mondial de Davos en janvier 2013 [14].

…et Cohn-Bendit

En septembre 2013, Marquardt s’affiche cette fois avec Daniel Cohn-Bendit, en cosignant une tribune relayée par le New York Times, Libération et une vingtaine de journaux européens : « Jeunes (et moins jeunes) d’Europe… Unissons-nous ! ». Cette tribune annonce le lancement d’une « plateforme » Europeansnow pour « une démarche résolument transnationale et qui profiterait à tous les pays d’Europe, en renforçant le sentiment d’appartenance commune à l’Europe tout en dépassant le cadre désuet et impuissant de l’Etat-nation ». Cohn-Bendit et Marquardt ajoutent :

« L’Europe ne sera pas transformée par les élections de 2014. L’Europe changera seulement lorsque nous parviendrons à présenter et à faire élire dans nos élections nationales respectives des femmes et des hommes politiques qui se sentent assez européens pour accepter de transférer une partie de leur pouvoir aux seules institutions réellement européennes, dans l’esprit comme dans le fonctionnement, à savoir la Commission et le Parlement [15]. »

Deux semaines plus tard, le binôme signe dans lesechos.fr (15 septembre 2013) une charge contre le Front national :

« Le vrai "Front" n’est pas national, il est européen. »

 

 

Cet article a été écrit en exclusivité par la revue Faits & Documents d’Emmanuel Ratier.

Visiter le site de la revue : faitsetdocuments.com.

 

 


 
 

13:46 Écrit par fnpuydedome | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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