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dimanche, 22 décembre 2013

Vous avez dit visionnaire?

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Flash Transport a interrogé les principaux candidats à l'élection présidentielle sur leur politique en matière de transport routier. Honneur aux femmes ! L'équipe de la candidate du Front National, Marine Le Pen, a été la première à nous répondre.

Les réponses adressées par l'équipe de Marine Le Pen ont été élaborées par Dominique Morel, conducteur routier multi-transports à Clermont-Ferrand et délégué syndical de la Fédération Nationale des Chauffeurs Routiers en charge du dossier transport au Front National. 

Flash Transport : Votre programme envisage-t-il des mesures pour soutenir le secteur, notamment les PME qui ont du mal à lutter contre les prix bas des transporteurs étrangers ?

Marine Le Pen : Nous prévoyons de réintroduire la TRO, prix minimal obligatoire d'un transport effectué à l'intérieur de notre pays. De plus, nous rétablirons les mêmes taux d'impôts entre les grandes entreprises et les PME/TPE du transport.

F.T. : Pensez-vous faire évoluer la législation vis-à-vis des temps d'attente, qui sont comptabilisés comme du temps de conduite en France mais pas dans les autres pays ?

M. L.P. : Nous refusons une telle éventualité qui léserait les conducteurs français, les temps d'attente faisant partie de la convention nationale collective du transport.

F.T. : Quels moyens souhaitez vous mettre en place pour (mieux) contrôler le cabotage (illégal ou non) ?

M. L.P. : Le cabotage dans le TRM, voulu et adopté par les gouvernements français de tout bord, est une véritable catastrophe pour les entreprises françaises. Marine Le Pen y mettra un terme au moyen de lois n'autorisant les transporteurs étrangers à reprendre du fret sur le territoire national que pour repartir vers une autre destination européenne. Cette disposition mettra fin à la "vampirisation" des transports intérieurs.

F.T. : Quel est votre avis sur la mise en place d'un chronotachygraphe numérique pour les véhicules de livraison de moins de 3,5t ?

M. L.P. : C'est une excellente idée qui contraindra les petits véhicules venus pour la plupart du temps des pays de l'Est et qui faussent la concurrence en roulant sept jours sur sept, enfreignant les lois en vigueur dans notre pays au moyen d'un véritable dumping social.

F.T. : Comptez-vous mettre en place un gasoil professionnel comme les marins par exemple ?

M. L.P. : Le Front National est depuis longtemps favorable à un gasoil professionnel dont les coûts ne varieraient pas. Le taux des taxes appliquées par l' État sur les carburants sera déterminé et arrêté alors même que celui de la matière première (pétrole) pourrait augmenter. Ce qui permettrait ainsi une meilleure lisibilité à long terme pour nos entreprises. Néanmoins, cette avancée devrait être couplée avec l'amélioration des conditions de rémunération des salariés de la branche transport de la part du patronat.

F.T. : Et la mise en place d'une TIPP flottante pour réduire l'impact de la hausse du carburant ?

M. L.P. : La réponse a été fournie dans la question précédente, une TIPP flottante ne permettant pas au transport routier d'avoir une visibilité et une assurance à long terme.

F.T. : Souhaitez vous reprendre ou affiner la future taxe kilométrique sur les poids lourds telle qu'elle a été définie (maintient, report, modulation en fonction des normes Euro, des régions, …) ?

M. L.P. : Le Front National s'insurge contre une nouvelle taxe kilométrique qui verra un nombre important de nos entreprises péricliter, les transporteurs routiers étant déjà de véritables vaches à lait soumises à de très nombreuses taxes et au bord de la rupture sociale.

F.T. : Quid de la taxe à l'essieu ?

M. L.P. : La taxe à l'essieu a depuis longtemps fait ses preuves, son maintien doit être la règle.

F.T. : Et la mise en place d'un permis à point professionnel, en plus du permis classique ?

M. L.P. : Le Front National est favorable à la mise en place d'un permis professionnel qui verrait les conducteurs routiers français ne plus vivre dans l'angoisse d'une infraction impactant directement sur leur propre permis. Il est inacceptable que des professionnels de la route qui parcourent des centaines de milliers de kilomètres soient logés à la même enseigne qu'un particulier qui parcourt moins de dix mille kilomètres de façon annuelle.
Aucun citoyen français n'est frappé de la double peine comme le sont les conducteurs routiers qui doivent utiliser leur permis de conduire à des fins professionnelles mais aussi personnelles puisqu'ils n'ont qu'un seul et même outil pour leurs deux vies respectives. Ainsi, une perte de point ou une suspension du permis dans le cadre du travail impact directement sur la vie personnelle au risque de ne plus être autonome et de perdre son emploi.

F.T. : Qu'en est-il de la mise en place obligatoire d'éthylotests de démarrage embarqués dans les camions comme c'est le cas pour les cars ?

M. L.P. : Le Front National est évidemment favorable à la mise en place d'un tel système mais demande qu'il soit étendu à l'ensemble des véhicules de tout type qui parcourent notre espace intérieur. La sécurité routière étant l'affaire de tous, professionnels de la route et particuliers doivent respecter les mêmes règles.

F.T. : Les transporteurs qui s'équiperont avec anticipation avec des camions Euro 6 bénéficieront-ils d'aides spécifiques ? La future écotaxe favorisera-t-elle les camions roulant avec cette norme, ou des normes inférieures (EEV, Euro 5) ?

M. L.P. : Il est naturel que les véhicules lourds mis en circulation avec les nouvelles normes antipollution bénéficient d'aides de la part des autorités nationales au moyen de réductions d'impôts ou de taxes.

F.T. : Comptez-vous développer des aides pour s'équiper avec des moteurs alternatifs ? (gaz, électrique, hybride...) ? Souhaitez vous expérimenter voire autoriser des transports à plus gros tonnage (comme l'Eurocombi de 25,25 m et 60 tonnes, ou des tailles inférieures) ?

M. L.P. : En ce qui concerne le développement alternatif, il est aujourd'hui inenvisageable de se passer du gasoil. Le Front National soutient la recherche sur des véhicules hybrides ou électriques en étant conscient qu'il faudra de nombreuses années pour voir naître de telles évolutions technologiques appliquées aux véhicules lourds. Les progrès considérables des constructeurs de poids lourds depuis près de vingt ans ont vu d'énormes avancées technologiques. La réduction très importante des rejets de CO2 liés à ces matériels ainsi que la très forte baisse de la consommation ont permis de réduire l'impact sur notre environnement. Toute la chaîne du transport routier de marchandises repose sur ce carburant et ne peut à court terme s'en passer définitivement. La mise en place d'un nouveau combustible obligerait les entreprises à s'équiper de nouveaux matériels ce qui aurait un coût insupportable pour les petites et moyennes structures et verrait leur avenir fortement compromis. [Pour le 25,25, ndlr], la topographie de notre pays ne permet pas de voir évoluer des véhicules d'une telle longueur et d'un tel tonnage. La France n'étant pas l'Australie, les "road train" ne sont pas adaptés à nos infrastructures routières. De plus, augmenter le tonnage n'assurerait pas une augmentation du prix du service alors que plus de marchandises seraient convoyées sur un seul voyage et cela au même prix de la capacité de transport actuelle. Le Front National veut préserver la sécurité des conducteurs routiers ainsi que celle des autres usagers de la route et n'est pas favorable à de telles évolutions.

Propos recueillis par Grégoire Hamon en mars 2012

Rappel: Le programme de Marine Le Pen sur le transport routier a été rédigé en grande partie par notre secrétaire adjoint Dominique Morel.

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