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jeudi, 30 janvier 2014

Des candidats FN aux municipales sont issus des rangs syndicaux

Ici, un article de Béatrice HOUCHARD, journaliste pour "L'opinion", qui, dans le cadre d'un dossier sur plusieurs syndicalistes, engagés politiquement au Front National, a rédigé celui ci! Parmi eux, figure incontournable, secrétaire départemental adjoint, responsable de circonscription issoirienne, et candidat à la mairie d'Issoire........ Dominique MOREL, bien entendu!

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Les faits - Le Front national affirme qu'il présentera une centaine de candidats aux élections municipales des 23 et 30 mars. Parmi eux, des anciens de la CGT, de Force ouvrière ou de la CFTC. Et même des anciens du Medef.

Vingt ans dans les troupes de Marine (sans jeu de mots), une reconversion comme camionneur, une exclusion de la Fédération nationale des chauffeurs routiers (FNCR) pour cause d’appartenance au Front national : tel est le palmarès de Dominique Morel, bientôt 50 ans, fort en gueule, n°2 du FN en Auvergne et tête de liste aux municipales à Issoire (Puy-de-Dôme), une ville où le FN n’avait jamais pu présenter de liste et où Marine Le Pen a fait 16 % à la présidentielle.

Quand il est exclu de la FNCR, début 2013, Dominique Morel (qui avait rejoint le FN au début des années 1990) affirme que « le projet porté par Marine Le Pen est le seul qui soit tourné vers les intérêts des transporteurs français et de leurs salariés ». Aujourd’hui, il est toujours en procès avec son ancien syndicat et espère être réintégré, « pour le principe ». Ensuite, il n’exclut pas de rejoindre un autre syndicat...

Sur sa liste municipale, il se flatte de présenter un ancien communiste et neuf candidats d’origine étrangère, de neuf nationalités différentes. « Ma quatrième de liste est polonaise », précise-t-il. Le grand-père de Dominique Morel était mineur de fond, un juif qui avait transformé son prénom d'Isaac en Marcel pour protéger sa famille pendant la guerre. Sous-entendu : qu’on ne vienne pas faire au candidat des procès d'intention sur le racisme ou l’antisémitisme.

Après avoir recueilli près de 10,4 % des voix aux législatives de 2012, il joue cette fois sur les divisions de la droite pour être présent au second tour et pronostique « un nouveau Brignoles » (là où le FN a gagné un siège de conseiller général en 2013). Son idéal, c’est Jean Jaurès. Il veut se battre « pour les petits, les sans grade, que la gauche a trahis ». Et ajoute, en guise de provocation: « Au fond de moi, je suis un homme de gauche », en montrant du doigt Edouard Martin, syndicaliste CFDT devenu tête de liste du PS aux européennes: « Pour la gamelle, certains sont capables de tout. »

A ses yeux, il n’y a pas lieu de dédiaboliser le FN : « Le discours de Marine est le même que celui de Jean-Marie. Marine Le Pen a rajeuni le discours, c’est une femme, elle est divorcée, elle a 45 ans, ce n’est pas la même chose. Mais Jean-Marie Le Pen est l’homme le plus respectueux que j’aie rencontré ». Entre les deux tours, Dominique Morel est prêt à tendre la main à la droite. Enfin, presque : « Je tendrai la main avec le poing fermé. »

A Hayange (Moselle), Fabien Engelmann est tête de liste et fait coup double : cet ancien de la CGT, exclu en 2011 parce qu’il était candidat FN aux cantonales, a choisi comme n°2 Marie Da Silva, 51 ans, assistante à la rédaction du Républicain lorrain et membre de Force ouvrière après avoir passé dix ans à la CGT. C'est une « déçue de la gauche », pour laquelle elle avait presque toujours voté, y compris pour François Hollande en 2012 au second tour, après un vote pour Marine Le Pen au premier. Après s'être plongée dans les programmes de tous les partis, elle a conclu que « le Front national prône des idées qui sont reprises par tout le monde ». Et puis, argument suprême, dit-elle, « on n’a jamais donné la possibilité au FN de prouver ce qu’il est capable de faire ».

A la demande de FO, qui n’a pas menacé de l’exclure, elle s’est mise en retrait de son mandat de déléguée du personnel pendant le temps de la campagne. Pour la suite, elle verra. A la présidentielle, Marine Le Pen a réalisé à Hayange 26,8 %. Moins que François Hollande, mais plus que Nicolas Sarkozy.

En Moselle, on trouve aussi des candidats qui viennent du Medef. Ainsi Alain Séris, imprimeur, ancien directeur de grande surface, titulaire d’un CAP de cuisinier, ancien président national de Mensa (le club des plus gros « QI »), et ancien permanent du Medef local, dont il dit avoir « divorcé» il y a trois ans. Il sera n°4 sur la liste FN à Metz.

En 2007, il était 8e sur la liste de la centriste Nathalie Griesbeck. Mais la politique locale, dit-il, c’est « une mare aux canards épouvantable ». Le FN lui est donc apparu comme « la seule solution » et il a proposé ses services. « Ils m’ont fait réfléchir sur l’Europe et sur l’euro, explique-t-il. Je découvre que tout n’est pas stupide dans ce qu’ils proposent ». Alain Séris, 62 ans, rêve de « reprendre la chambre de commerce» et affirme qu'il a « sa bouteille de Ricard à la CGT ». Sur la liste FN à Metz, il retrouvera en n°2 Thierry Gourlot, un vieux de la vieille du FN, qui est passé par la CFTC des cheminots.

Béatrice HOUCHARD, "L'OPINION"

20:24 Écrit par fnpuydedome | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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