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mercredi, 05 février 2014

Communiqué de presse de Leif Blanc, Délégué national à la ruralité, l'agriculture et l'environnement.

 

 

 

Politique agricole : les Etats-Unis hissent le pavillon noir pendant que l'UE s'occupe des pâquerettes…

 

Le nouveau Farm Bill (la politique agricole des Etats-Unis) pour la période 2014-2018 a été adopté hier au Congrès. Même s’il doit encore être approuvé au Sénat, il s’agit d’ores et déjà du plus gros bouleversement en la matière depuis l’Uruguay Round de 1994 qui avait abouti à la création de l’OMC, à la suppression progressive des aides directes à la production (dites aides couplées) dans une majorité de pays et à la dérégulation des marchés de matières premières agricoles censés fixer seuls les prix des différentes productions. C’est ce processus qui a amené l’Union Européenne à mettre en place des aides au revenu des agriculteurs (dites aides découplées) calculées à l’hectare en fonction d’un cahier des charges principalement constitué de mesures environnementales, mais déconnectées des différentes productions et de leurs cours.

Le nouveau dispositif américain s’appuie principalement sur des assurances couvrant à la fois les aléas climatiques et les variations de cours des matières premières agricoles. Ce dispositif, subventionné à 60% par l’Etat, n’inclut aucune limite de production (sauf, de manière marginale, pour le lait). Il revient de fait à aider directement les agriculteurs américains à produire le plus que possible, sans avoir à se soucier des cours mondiaux, et s’apparente donc, de manière certes détournée, aux fameuses « aides couplées » proscrites par l’OMC.

Dans le même temps, les Etats-Unis et l’Union Européenne négocient un traité de libre échange transatlantique (TTIP) visant, entre autre, à supprimer les barrières douanières et à aligner les normes sanitaires des deux espaces commerciaux. En l’état actuel des choses (c'est-à-dire avant la mise en place de la nouvelle PAC en Europe et du nouveau Farm Bill aux Etats-Unis), l’écart de compétitivité est déjà plus que favorable aux Etats-Unis, en particulier en matière d’élevage : il va d’environ 40% pour le porc et le bœuf, à près de 80% pour la volaille !

Un écart qui ne pourra aller qu’en s’aggravant tant les nouvelles politiques agricoles mises en place de part et d’autre de l’Atlantique vont dans un sens opposé. De son côté, l’UE a opté pour un renforcement des normes de production (forcément coûteux) et des aides déconnectées des productions (à de rares exceptions), pendant que les Etats-Unis reviennent de leur côté à une politique ultra-productiviste aux normes plus que minimalistes (recours massif aux OGM, lavage des viandes à l’acide lactique et à l’eau de javel, utilisation d’hormones etc.).

Dans un tel contexte, la loi d’avenir pour l’agriculture défendue par le ministre Stéphane Le Foll est tout simplement suicidaire, puisqu’elle consiste principalement à alourdir les contraintes pesant sur les producteurs, sans pour autant leur donner la moindre garantie de prix, ni la moindre protection face au déferlement programmé de produits à bas coûts issus, aujourd’hui, de l’UE et de ses partenaires, et, demain, des Etats-Unis.

 

21:02 Écrit par fnpuydedome dans COMMUNIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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