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mardi, 18 février 2014

Article d'Info magasine sur les municipales à Clermont-Ferrand.

« Dis moi qui est ton personnage historique préféré et je saurai qui tu es… » Partant de ce postulat, la rédaction a demandé à chacun des candidats à la prochaine municipale à Clermont de désigner son « hé-ros ». Les réponses sont révélatrices…

1- Les huit candidats, ici par ordre alphabétique : Olivier Bianchi, Jean-Pierre Brenas, Michel Fanget, Mireille Lacombe, Alain Laffont, Frédéric Ranchon, Antoine Rechagneux et Marie Savre (de bas en haut et de gauche à droite.)

Si l’on posait la question à François Bayrou, peut-être répondrait-il Henri IV, le roi navarrais à qui il a consacré une épaisse biographie. Mais le choix de Michel Fanget, le plus bayrouiste des Clermontois, se porte sur l’icône des gaullistes, la figure de la « France libre », le général en personne. Selon le chef de file de la liste « L’Union » : « De Gaulle incarne la lutte, l’absence de soumission, le rassemblement et la grandeur de notre pays. C’est aussi un bel écrivain. J’apprécie particulièrement son style, proche de celui de Chateaubriand, et le recul qu’il prend dans la relation des évènements difficiles qui l’ont amené à quitter la vie politique. » Le choix de Michel Fanget ? Une façon aussi de dire à l’UMP qu’il n’a pas le monopole du Général…

ADMIRATIONS VARIÉES

C’est sans surprise, toutefois, que Jean-Pierre Brenas, seul candidat officiel de l’UMP a désigné lui aussi le fondateur de la Vème République : « J’admire l’homme pour son sens de l’engagement et de l’intérêt général, parfois au détriment de sa propre personne. Exemple : lorsqu’il s’en va au lendemain du référendum de 1969. Cela change avec ce qui se passe aujourd’hui. » Le candidat ajoute : « Il a fait rayonner la France dans le monde entier et fut aussi un modernisateur de la société. De Gaulle peut nous donner des leçons…» Voilà au moins un sujet susceptible de rapprocher Michel Fanget de Jean-Pierre Brenas. L’évoqueront-ils entre les deux tours de la prochaine élection ?
Mais qui donc remporte la voix d’Olivier Bianchi, le favori socialiste ? On l’imaginerait volontiers conquis par un Jaurès montant sur les grands chevaux du socialisme. Que nenni, le choix de l’actuel adjoint à la culture s’avère plus singulier. Il se porte en effet sur Michel de l’Hospital, né à Aigueperse en 1505. Ce qui ne nous rajeunit pas… Chancelier de France, poète, il fut aussi un homme de paix. « Son action de pacification dans la période ayant précédé les guerres de religion est remarquable » souligne Olivier Bianchi. Avant de poursuivre : « Il a alors défendu l’État, le pays contre la division na-tionale. Par les temps qui courent, voilà un exemple à suivre… »

DE MICHELIN À TROTSKI…

 

2- Michel de l’Hospital a sa place à Clermont-Ferrand, au pied du quartier histo-rique et près du Cours Sablon.

Pour Antoine Rechagneux, candidat du « Rassemblement Bleu Marine », le personnage emblématique reste un Clermontois. « Je trouve mon inspiration dans ce qui est quotidien et familier » explique-t-il. Et c’est le personnage de François Michelin qui le séduit. « Il a créé cette ville par la valeur travail, le patriotisme économique- sans dépendre de la commande publique- et la fraternité. J’admire également sa discrétion, son engagement et, cela, malgré les épreuves personnelles qu’il a traversées. Nous devons être reconnaissant et faire preuve d’humilité devant ce grand humaniste catholique. » Selon Antoine Rechagneux : « d’une certaine façon, François Michelin faisait de la politique sans le savoir car la politique, c’est avant tout s’occuper réellement des gens. »
De François Michelin jusqu’à Léon Trotski, il y évidemment plus qu’une distance géographique et chronologique. Une distance qui, sans-doute, sépare les idées du candidat « bleu marine » de celles d’Alain Laffont, le représentant du Front de Gauche. Explication du médecin, visage emblématique de l’ultra-gauche clermontoise: « Si Staline avait été écarté du pouvoir, comme le voulait Lénine dans son testament, on n’aurait sans-doute pas eu l’horrible Goulag et le dictateur n’aurait pas fait assassiner Trotski dont il craignait l’intelligence politique. »
Marie Savre, candidate Lutte Ouvrière a, pour sa part, hésité. Lénine et Trotski (encore lui), figures emblématiques de la Révolution Russe de 1917, l’ont marquée mais le cœur, et un soupçon de féminisme, la porte plus encore vers Arlette Laguiller. « Elle a été la première femme à se présenter à l’élection présidentielle, en 1974. Arlette Laguiller était une travailleuse dans une république d’hommes. Elle a toujours gardé le même cap et cette vision à long terme selon laquelle le communisme était l’avenir du monde… »

DES EXEMPLES À SUIVRE

 

3- François Michelin, une figure contemporaine et un patron emblématique de la manufacture.

Plus consensuel, Nelson Mandela, l’homme qui, avec Frederik De Klerk, mit fin à l’apartheid en Afrique du Sud, a les faveurs de Frédéric Ranchon. Le chef de file du mouvement « 100% citoyens » explique : « Il restera un exemple à suivre autant pour ses valeurs que pour sa quête d’indépendance, de pensée et d’action. » Et le candidat estime devoir s’inspirer de Mandela durant sa campagne. « A son image, nous allons mettre le citoyen au centre de notre action politique. »
Avec Marie Savre, Mireille Lacombe est la seule tête de liste féminine dans cette course au fauteuil de maire. Si elle n’a pas reçu l’onction suprême de son parti (le Parti Radical de Gauche), l’actuelle vice-présidente du Conseil Général du Puy-de-Dôme entend manifester ses différences. Et elle affirme s’inspirer des valeurs d’Albert Camus. Une forme d’héritage qu’elle a reçu de Roger Quilliot… « Camus s’insurgeait contre ceux qui, à la faveur des désarrois, manifestent en France et récusent la citoyenneté, la laïcité, l’esprit de la République ; il fustigeait ceux qui refusent toute aspiration à l’égalité et entretiennent le chauvinisme national… »
Et « nos » candidats, après ce petit cours d’histoire improvisé, de repartir vers leurs préoccupations clermontoises et de jeter leurs forces dans la campagne. Encore un petit effort…

4- L’Hôtel de ville, enjeu de la bataille politique de mars 2014.

 

 

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